Dans le Journal du voleur, Bridel est l’âme de Genet, dit l’auteur et comédien Miloslav König

L’opéra mystique Journal du voleur, que les spectateurs auront la possibilité de voir dans le cadre de la deuxième édition du festival Fais un saut à Prague, réunit l’œuvre de deux personnes qui ne pourraient être plus distantes l’une de l’autre – du missionnaire jésuite et poète baroque tchèque Bedřich Bridel et du paria français Jean Genet. Le comédien, chanteur et auteur du texte Miloslav König (qui a reçu le Prix de la critique de théâtre 2017 pour ce rôle) explique la naissance de cette création primée : « chacun à sa manière, ils approfondissent le désir d’atteindre la beauté et le fond authentique de l’existence. »

27zář20:00Théâtre : Journal du voleur - Cie Masopust20:00

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Comment l’idée vous est-elle venue de réunir une composition majeure de la période baroque tchèque avec le paria français Genet et comment la communication s’est-elle faite entre ces deux périodes et ces deux mondes hétéroclites ?

Je travaillais d’abord uniquement avec le roman de Genet, c’est seulement après que j’ai eu l’idée de rajouter Bridel comme une couche purificatrice, une prière de côté – la tête vers le mur. À la fin, je suis arrivée à une proportion égale entre les deux textes. Pour moi, Genet est le corps et Bridel l’âme. Chacun à sa manière, ils approfondissent le désir d’atteindre la beauté et le fond authentique de l’existence.

En tant que réalisateurs, pourquoi avez-vous choisi le format d’un opéra, quelles possibilités cela vous offre-t-il comparé à du théâtre classique ?

L’opéra est la forme artistique la plus noble – l’union de la musique, du chant, du jeu d’acteur et de la scénographie. « Le genre noble » réalisé dans la bibliothèque d’Eliade (la petite scène du théâtre Divadlo Na Zábradlí, où travaille la Cie Masopust). La musique de Martin Dohnal (et la musique en général) est une partie indissociable, enrichissante, exaltante et cruellement provocante de la création théâtrale.

Est-ce que le public tchèque, qui a tout au plus entendu parler de Bridel à l’école, sera intéressé par sa composition baroque ?

Je pense que oui.

Et quel effet cette combinaison inhabituelle aura-t-elle sur les Français qui n’ont probablement jamais entendu parler de la littérature baroque tchèque ?

On verra bien. En même temps, ils connaitront bien Genet. Dans notre spectacle, Bridel est son âme, peut-être qu’il ne leur semblera pas si étranger, au contraire.

Les visiteurs du festival pourront vous voir également dans Les hédonistes du théâtre Divadlo Na Zábradlí, vous avez même fait la musique de ce spectacle… Quel est selon vous le rôle de la musique dans le théâtre et pourquoi avez-vous accepté de la faire ?

La musique fait partie du théâtre et que, dans ce cas, ce soit moi qui l’aie réalisée, c’est plutôt le résultat d’un travail de création collective. Ce n’était pas une commande, la musique se faisait au théâtre lors des répétitions, dans la plupart des cas.

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